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Jérémie Beyou sur tous les fronts

3 mars 2016

A huit mois du départ du Vendée Globe, Jérémie Beyou est un marin très occupé : entre la supervision de l’installation des puits de foils sur Maître CoQ, les trois séances de sport hebdomadaires, la préparation météo de la transat New York – Vendée (Les Sables d’Olonne) et une victoire en IRC1 sur la RORC Caribbean 600, le skipper breton se démultiplie, animé par l’envie très forte d’être fin prêt le 6 novembre prochain, date du coup d’envoi du Vendée Globe. Il évoque les différentes facettes de son métier.

Maître CoQ Voile : Jérémie Beyou sur tous les fronts

Un skipper « 100% Vendée Globe »

Jérémie Beyou a basculé vers le Vendée Globe dès son abandon sur la Transat Jacques Vabre fin octobre. « Nous étions déjà très focalisés dessus avant, notamment parce qu’il fallait prendre les décisions d’optimisation du bateau (voir ci-dessous), mais nous canalisions une grosse partie de nos forces vers la Transat Jacques Vabre. A partir du moment où nous avons abandonné, nous avons redirigé toute cette énergie, cela fait quatre mois que nous sommes 100% Vendée Globe ». Pensée bien en amont, la préparation « n’a vraiment rien à voir » avec les précédentes expériences de Jérémie : « Nous sommes beaucoup plus ambitieux en termes d’objectifs techniques et de performances du bateau, et malgré cela, nous sommes beaucoup plus sereins, parce cela fait maintenant trois ans que nous vivons ensemble avec l’équipe et que nous naviguons sur le bateau. » Jérémie, qui fêtera ses 40 ans en juin, ajoute : « Je suis moi-même plus serein. C’est le fruit de l’expérience de mes deux premiers Vendée Globe, je sais de façon précise où je veux aller et quelles sont les limites à mettre. »

Un chef d’entreprise qui sait déléguer

Pour mener à bien un projet de l’envergure du Vendée Globe, il faut bien s’entourer, chose qu’a su faire Jérémie Beyou juste avant le tour du monde 2012-2013 : « Auparavant, j’étais très impliqué dans ma société, je faisais tout, sauf la comptabilité. Il y a quatre ans, j’ai décidé de prendre un peu de recul et de faire venir Sylvain Hay qui s’est emparé d’une bonne partie des dossiers que je gérais directement. Comme il ne venait pas du sérail, il est arrivé avec sa rigueur et des protocoles propres au monde de l’entreprise. Aujourd’hui, je peux lui laisser les clés de la boutique les yeux fermés. » Pas tout à fait quand même, puisque le skipper reconnaît « garder l’œil sur tout », mais ce mode de fonctionnement lui a permis de se concentrer davantage sur le côté sportif. Le skipper de Maître CoQ s’appuie également sur Pierre-François Dargnies, qu’il a promu au poste de directeur technique après la Route du Rhum 2014. « C’est un très bon choix, parce que « Pifou » assume totalement le rôle, il est d’une énergie débordante. Au sein de l’équipe, tout le monde a apprécié cette démarche et aujourd’hui, tout roule parfaitement, c’est très agréable. »

Un technicien qui s’affirme

Jérémie Beyou le confesse aisément : quand il a préparé son premier Vendée Globe en 2008, tout juste sorti du « moule Figaro », il était loin de maîtriser tous les aspects techniques d’un Imoca : « Lors de la construction de Delta Dore, beaucoup de choses me dépassaient. » Huit ans plus tard, fort de deux campagnes de Vendée Globe mais aussi grâce à une équipe technique qui lui fait partager son savoir-faire, le skipper de Maître CoQ a bien évolué : « Aujourd’hui, je suis capable de donner un cahier des charges de façon très précise, d’autant plus que je connais par cœur toutes les lignes budgétaires. » L’expérience lui permet en outre d’être plus pointu dans ses échanges avec son équipe : « Un peu comme un pilote de Formule 1 avec ses ingénieurs, mes retours techniques sont plus précis et succincts. Avant, cela relevait plus de la sensation, aujourd’hui, j’arrive à identifier techniquement les raisons d’une sensation. » Jérémie s’est ainsi grandement impliqué dans le débat sur les foils : « Pifou et Phil (Philippe Legros, responsable de la performance) peuvent en témoigner : je les ai tannés et poussés dans leurs retranchements, j’ai remis en cause tout ce qu’ils m’ont présenté plusieurs fois avant de donner le go final. Cette période a été très enrichissante. » Pendant le chantier, le skipper se montre en revanche moins interventionniste : « Je passe régulièrement pour voir comment se passent les découpes du bateau ou comment sont fabriqués les puits, mais je n’apporte pas vraiment de plus-value, d’autant que je suis bien occupé par ailleurs. »

Sportif et père de famille…

S’il a toujours été « dynamique » et a continué à naviguer sur différents supports (dériveur, funboard, kite, Moth…), Jérémie Beyou a pris conscience assez tard de la nécessité de suivre une préparation physique spécifique. « Cela remonte à mon premier Vendée Globe : les bateaux devenant de plus en plus puissants, je me suis dit qu’il fallait aussi développer la puissance du bonhomme. Nous avions mis en place une petite structure via le Pôle Finistère Course au Large avec Vincent Riou, Samantha Davies et Armel Le Cléac‘h. » Depuis, le skipper de Maître CoQ n’a eu de cesse de monter en régime, s’attachant les services à Lorient de Stéphane Eliot, au point de se considérer comme un vrai sportif de haut niveau. « Nous ne sommes pas les athlètes les plus pointus au monde, mais sur la force de bras, la tonicité, la résistance et la puissance, je pense qu’on n’est pas mal… En mer, je me sens beaucoup mieux dans les manœuvres, je ne suis pas écrasé par le poids du bateau. » Pratiquant mais également « vrai mordu » de sport, le Finistérien a transmis sa passion à ses deux garçons, Achille et Jacques (12 et 8 ans). « Ils sont dans l’eau tout le temps : wakeboard, skimboard, morey, surf… ils adorent ça. » Et la voile ? « Quand je sors en Moth, ils me suivent parfois sur l’Open Bic que nous avons acheté. Achille vient de se mettre à l’Optimist, Jacques préfère l’athlétisme, je ne vais surtout pas les pousser, l’essentiel est qu’ils prennent du plaisir. » Attentif à ses enfants, Jérémie reconnaît qu’il est parfois difficile de concilier son métier de skipper et son rôle de père de famille : « C’est un savant dosage à trouver entre le temps que tu passes avec eux et l’attention que tu leur donnes. Ce n’est jamais facile, parce que dans notre métier, on a parfois tendance à être présent physiquement mais à avoir la tête ailleurs… »

QUOI DE NEUF AU CHANTIER ?

Le chantier hivernal de Maître CoQ entre dans sa dernière ligne droite, puisque les puits de foils sont en train d’être installés : « Nous stratifions d’abord au bateau la partie arrière de la tablette verticale qui va tenir le puits. Ensuite, le puits est mis en place puis nous finissons en ajoutant la partie avant de la tablette. Quant aux foils eux-mêmes, le drapage a commencé il y a deux semaines », explique Philippe Legros. Les autres dossiers concernent le mât, en cours de renforcement, les renforts posés en fond de coque, les nouveaux safrans, le remontage de l’accastillage, la réparation de la bôme, légèrement fissurée. Et le plan de voilure, sur lequel se concentre particulièrement Philippe Legros : « J’ai fini de traiter tous les enregistrements des foilers neufs de la saison dernière. A partir de ces données, j’ai recréé des polaires pour le bateau que j’utilise pour faire un travail de routage statistique sur la transat New York-Vendée (départ le 29 mai). En fonction de ce routage, nous déterminerons quelles voiles nous embarquerons, sachant qu’une nouvelle grand-voile et le J1 (grande voile d’avant, ndlr) sont en cours de production. » La mise à l’eau de Maître CoQ est prévue début avril à Lorient.

VAINQUEUR DE LA RORC CARIBBEAN 600

Fin février, Jérémie Beyou a retrouvé l’équipage de l’Archambault 13 Teasing Machine, avec lequel il avait disputé fin décembre la Sydney Hobart, remportant la célèbre course australienne en IRC3. Là encore, la victoire a été au rendez-vous, puisque l’équipage mené par Eric de Turkheim, au sein duquel Jérémie occupait le poste de navigateur, s’est imposé en IRC1, terminant troisième au classement général en temps compensé. Une grande première sur la course antillaise pour un bateau de moins de 50 pieds (13 mètres en l’occurrence). Autant dire que le skipper de Maître CoQ a apprécié l’expérience : « Naviguer dans d’autres contextes me permet de me tenir en éveil et d’apprendre au contact de marins aux savoir-faire différents. Quel que soit le format de course, les réflexes ont besoin d’être aiguisés, je reste convaincu que ma performance sur le Vendée Globe se nourrira des expériences que j’aurai eues par ailleurs. »

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