Qu’est-ce que le Better Chicken Commitment (BCC) ?

L’European Chicken Commitment, aussi appelé ECC, a vu le jour en 2017 à l’initiative de plusieurs ONG de protection animale européennes. L’European Chicken Commitment, que l’on pourrait traduire par « engagement poulet européen » concerne exclusivement la filière poulet, et détermine des critères d’élevage et d’abattage liés au bien-être animal à respecter d’ici l’année 2026.

L’European Chicken Commitment dans le détail

Deux grands modes d’élevages existent : soit les poulets peuvent accéder à l’extérieur, soit les poulets restent à l’intérieur des poulaillers. C’est à destination de ces derniers que l’European Chicken Commitment se destine, dans le but d’améliorer la qualité de vie et d’abattage.

Quels sont les critères demandés aux élevages d’ici 2026 ?

Pour remplir tous les critères, les fournisseurs de poulet doivent s’engager d’ici 2026 à :
• respecter la réglementation de l’Union européenne en matière de bien-être animal ;
• réduire la densité d’animaux au m² (< 30 kg/m²) ;
• choisir des races de poulet à croissance plus lente ;
• maintenir une bonne qualité d’air dans les poulaillers ;
• garantir l’absence de cages et de systèmes à étage ;
• permettre aux animaux d’avoir accès à la lumière naturelle, à des perchoirs et des substrats à picorer ;
• pratiquer un abattage utilisant la technique de l’étourdissement par atmosphère contrôlée ;
• faire vérifier le respect de ces préconisations par des organismes indépendants avec reporting public annuel.

Qu’est-ce que l’European Chicken Commitment implique pour les éleveurs et les abatteurs ?

Les éleveurs de poulets qui suivent cet engagement doivent investir pour aménager leurs poulaillers lorsqu’ils ne sont pas déjà équipés de lumière naturelle et de perchoirs et être audités ad minima une fois par an par des organismes de contrôle indépendants. La baisse de densité réduit la production de l’ordre de 30% par an. Par voie de conséquence, cette démarche implique à la filière française pour produire en 2026 la même quantité de poulets qu’aujourd’hui, de faire croître de 30 % les surfaces d’élevage.
Pour les abatteurs, la démarche impose de préserver le revenu des éleveurs en faisant croître les prix de poulets payés aux producteurs en sortie d’élevage, de l’ordre de +27% (source ITAVI 2019). L’ECC signifie également dans la plupart des cas d’investir dans l’étourdissement sous atmosphère contrôlée dans les abattoirs. La capacité à pouvoir réaliser ce type des travaux et leur coût dépend de la taille des abattoirs et de l’espace disponible à leur entrée.

Qu’est-ce que l’European Chicken Commitment implique pour les consommateurs de poulets ?

Si l’ECC est une réponse aux attentes en matière de bien-être animal pour les consommateurs, son impact sur les prix du poulet français est de +27 % sur le poulet en sortie d’élevage et de +59 % sur le filet lorsque seul ce morceau est valorisé (source ITAVI 2019). Près d’un poulet sur 2 consommés aujourd’hui en France est importé, avec des conséquences socio-économiques (emploi), écologiques (impact planète), sur la qualité et la traçabilité des produits. Compte tenu des attentes en matière de pouvoir d’achat, dans l’hypothèse ou en 2026 l’ECC s’imposait comme seul socle de production de poulets français sans possibilité de choix pour les consommateurs, il est inévitable que l’impact prix fera croître davantage les volumes de poulets importés. Des décisions politiques seraient alors nécessaires pour préserver la souveraineté alimentaire et l’origine France souhaitées par les consommateurs et les citoyens.

Comment les acteurs de la filière volaille s’investissent pour développer ce cahier des charges ?

De nombreux acteurs de la filière volaille ont répondu positivement à cet engagement supérieur à la réglementation européenne sur le bien-être des poulets. Afin d’atteindre leurs objectifs, plusieurs enjeux sont à prendre en compte.

Une cohésion de l’interprofession

Dans son « pacte ambition ANVOL : 5 ans pour valoriser l’excellence française », l’interprofession de la volaille de chair qui représente l’ensemble des acteurs de la filière française du producteur au distributeur, a manifesté son objectif de développer l’European Chicken Commitment d’ici à 2025Il est nécessaire que les éleveurs et les abatteurs aient les moyens et le temps d’investir et que la hausse des prix de revient soient répercutés aux clients et consommateurs de la filière. Toute la profession est mobilisée autour de cet objectif qui vise à répondre aux besoins des clients restaurateurs et distributeurs.

L’action de Maître Coq en faveur du bien-être animal et de l’European Chicken Commitment

Maître Coq s’est fixé l’objectif 2025 que 100% des élevages partenaires soient engagés dans une démarche d’élevage durable contrôlée par des organismes indépendants : Bio, Label Rouge, ECC ou Nature d’Eleveurs. Si la démarche Nature d’Eleveurs réunit déjà une bonne partie des critères de l’ECC (respect de la réglementation, lumière naturelle, perchage, substrats à picorer, absence de cages et de systèmes à étages, qualité de l’air, contrôles par des organismes indépendants avec reporting public annuel), Maître CoQ propose déjà depuis octobre 2021 une gamme de poulets s’inscrivant dans le plan de progrès ECC, et va encore plus loin en continuant à commercialiser ses offres historiques de poulets élevés avec accès à l’extérieur, label rouge et bio. Les évolutions des demandes des consommateurs auxquelles répond Maître CoQ détermineront les évolutions de ces différents modes de production.