Se préoccuper de l'amélioration du bien-être animal ? Le futur des élevages de volailles

Depuis plusieurs années, les entreprises du secteur souscrivent, d’une part, à la règlementation en vigueur, et d’autre part, adoptent des démarches innovantes en matière d’amélioration du bien-être animal.

L’amélioration du bien-être animal au cœur des préoccupations de la société

Selon une  étude Kantar de 2020, 32% des français ont envie de s’investir plus dans leur consommation en privilégiant des produits plus respectueux des animaux. Cette demande sociale a bien changé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, l’accès généralisé à une viande accessible pour les budgets modestes était majoritairement privilégiée. Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, la préoccupation pour une alimentation de qualité et une production agricole soucieuse de l’environnement et du bien-être animal prend le dessus.

Face à ce constat, les principaux acteurs de la filière volaille française sont depuis plusieurs années engagés pour offrir aux consommateurs des volailles conjuguant amélioration du bien-être animal et accessibilité prix.

Le bien-être animal, un encadrement légal

En 1964 en Grande-Bretagne, Ruth Harrison publie un ouvrage qui fait date, Animal Machines. À la suite de cette parution, le Comité Brambell, au Royaume-Uni, se réunit et commandite un rapport sur les conditions d’élevage. En 1976, le Conseil de l’Europe organise une Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages.

Au niveau international, l’Office international des épizooties (OIE), depuis 1924, siège à Paris. En 2002, son mandat s’élargit à la protection des animaux. En 2003, il est renommé l’Organisme mondial de la santé animale. Du côté français, c’est en 2010 que l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) regroupe les questions liées aux à l’activité vétérinaire et à l’alimentation. Elle devient en 2019 un Centre européen de référence pour le bien-être animal et propose une définition du bien-être animal, synthèse de différentes pistes de réflexion : « Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. » (ANSES, 2018) Ainsi, au-delà de l’absence de souffrance et de stress des animaux, cette définition insiste sur la perception de l’animal quant à sa condition.

Aux grandes conceptions et références discutées dans les grands organismes internationaux, succèdent les règlementations. L’Union européenne adopte des directives qui sont ensuite transposées dans les droits nationaux. C’est le cas de la directive européenne 98/58relative à la protection des animaux d’élevage qui établit que pour tous les animaux, les possesseurs adoptent des mesures pour garantir leur bien-être ; ces mesures concernent le personnel chargé des animaux, les inspections, la tenue de registre, la liberté de mouvement, les locaux et bâtiments de stabulation, l’équipement, la nourriture, les mutilations, les méthodes d’élevage. Cette directive est transposée en France par un arrêté qui modifie celui de 1982 relatif à l’élevage, la garde et la détention des animaux. L’Union européenne complète cet arsenal général par des directives spécifiques pour plusieurs animaux d’élevage. Comme celle relative aux poules pondeuses (99/74), complétée par la directive (2002/4), qui sera transposée en droit français par un décret de 2003.

À partir de la décennie 2000, les professionnels de l’élevage s’organisent pour réfléchir à l’amélioration du bien-être animal. En 2007, le Business Food regroupe les grandes entreprises et les principales ONG impliquées dans le secteur. 

Le bien-être animal au cœur de la démarche qualité de la filière volaille française et de Maître CoQ

Au-delà de l’application stricte de la règlementation en vigueur, l’entreprise cherche à mettre en œuvre des pratiques innovantes afin de répondre à la demande sociétale. Depuis 2017, le groupe LDC, auquel Maître CoQ appartient, a l’ambition d’engager les éleveurs partenaires qui élèvent les volailles en poulailler dans le contrat de progrès « Nature d’éleveurs en Terres de France » et à en respecter les exigences, avec des pratiques auditées chez chaque éleveur engagé régulièrement.

En 2020, 63 % des partenaires de LDC étaient d’ores et déjà référencés dans une démarche d’élevage durable et de qualité, bio, Label rouge, certifié, ECC ou Nature éleveurs. Le groupe s’engage à atteindre 100 % en 2025. Une feuille de route ambitieuse pour continuer à améliorer les conditions des animaux.

L’entreprise Maître CoQ a tissé depuis ses origines une relation forte avec le monde agricole et s’engage sur le long terme aux côtés des éleveurs, pour mieux élever, autour de 3 axes : accompagner et protéger les revenus des éleveurs, des conditions de vie toujours plus respectueuses des animaux et des volailles toujours mieux nourries.  Ce travail s’inscrit dans le plan de progrès Inspiré pour Demain, qui est basé sur les piliers suivants : mieux élever, mieux nourrir, mieux préserver et mieux vivre ensemble.

En 2022, Maître CoQ va lancer aux côtés de ses partenaires organisations de production, groupements de producteurs et fabricants d’aliments sa charte amont « mieux préserver ». Il s’agit pour Maître CoQ de :

  • préserver le principe de la contractualisation en filière pour continuer à protéger le revenu des éleveurs (fixation des prix, garantie de débouchés…),
  • contribuer à l’investissement des partenaires amont de l’entreprise Maître CoQ pour accompagner la filière dans la transition et la mise en œuvre des engagements de la charte,
  • et plus globalement de préserver la relation avec les éleveurs. La dimension humaine, l’accompagnement technique et financier, et plus largement le bien-être des éleveurs, sont des prérequis indispensables pour la protection animale.

Par ailleurs, la démarche consiste à atteindre l’objectif 2025 que 100% des élevages partenaires de l’entreprise Maître CoQ soient engagés dans une démarche d’élevage contrôlée par des organismes indépendants (Bio, Label Rouge, ECC ou Nature d’Eleveurs). Maître CoQ propose déjà depuis 2021 une gamme de poulets s’inscrivant dans le plan de progrès ECC.

Dans le détail, l’entreprise agit pour mettre en avant chaque année des gammes de poulets issus de races rustiques et semi-rustiques, continuer à réduire la densité en élevage et les traitements antibiotiques, à déployer la lumière naturelle et les aménagements dans les poulaillers.

Pour encourager l’ensemble des éleveurs et des partenaires de la filière au respect des exigences de qualité, Maître CoQ applique et développe également le système de primes basées sur des indicateurs de santé et de bien-être. Côté transport, Maître CoQ agit pour maintenir un temps de transport des animaux limité à moins de 2 h en moyenne. Enfin, concernant l’abattage, l’entreprise finalisera les investissements en faveur des conditions de travail et de la protection animale pour l’ensemble des sites de préparation d’ici 2025.

L’abattage de volaille de chair
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