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Bernard Moitessier ou la longue route.

24 octobre 2016

Il y a des hommes qui marquent des destins… Bernard Moitessier fait partie de ceux-là. Auteur à succès, cet homme était avant tout un marin avec un grand M. C’est en 1968 que son nom entre dans la postérité. Alors qu’il participe au Golden Globe, première course autour du monde en solitaire et sans escale, il décide de bouleverser l’histoire. Parti le 22 août de Plymouth, il va rapidement enchaîner les caps : Bonne-Espérance, Leeuwin, Horn. Il est rapidement dans le sillage de Robin Knox Johnston parti bien avant lui et va logiquement l’emporter. Mais l’incroyable se produit : il double le Cap Horn, met le cap vers le Nord pour s’éloigner des icebergs et décide alors de continuer vers l’Est. Il refuse la victoire. Il refuse les honneurs et les 5 000 livres Sterling réservés au vainqueur. Il double une deuxième fois le cap de Bonne-Espérance et, alors qu’il croise un cargo en mer, lui lance avec un lance-pierre un message à bord : « Je continue sans escale vers les Iles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme ». Ces mots resteront à jamais gravés dans nombre de mémoires. Il va marquer une génération de marins qui pour beaucoup décideront de lui emprunter le sillage.

Le 21 juin 1969, 3 mois et 3 jours après avoir lancé ce message, son bateau du nom de Joshua touche enfin Papeete. Bernard Moitessier a une nouvelle fois traversé l’océan Indien, passé le Cap Leeuwin et a connu une tempête extrême où son mythique bateau a eu par quatre fois ses mâts dans l’eau. Au final, il aura navigué pendant 300 jours. Il pulvérise le record de la plus longue traversée en solitaire sans escale avec 37 455 milles parcourus soit 67 367 kilomètres. Il aura fait, sans s’arrêter, un tour du monde et demi. Le monde est suspendu à ses nouvelles… Il va alors écrire un livre pour retracer cette formidable navigation, ce journal de bord qui deviendra un livre culte. Ce sera « La longue route ». Deux années seront nécessaires pour coucher sur le papier cette formidable aventure faîte de grands calmes ensoleillés, d’aurores australes, de vagues pyramidales couleur émeraude…

Ce livre emblématique permet de comprendre comment Bernard Moitessier va gagner peu à peu cette paix intérieure, cette liberté qui va le pousser à refuser la victoire et le retour à une certaine civilisation. Il ira même jusqu’à léguer ses droits d’auteur, au Pape et à l’église. Ce défenseur de la paix et des libertés va vivre une douzaine d’années entre Tahiti et les Tuamotu, militera contre la nucléarisation du Pacifique Sud et l’escalade militaire dans le reste du monde. Il mourra en 1994 des suites d’un cancer et repose aujourd’hui dans le cimetière du Bono, à quelques encablures du magnifique Golfe du Morbihan.

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