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Les passages clés du Vendée Globe, par Jean-Yves Bernot

4 novembre 2016

Surnommé le « Sorcier », Jean-Yves Bernot est l’un des meilleurs spécialistes de routage météo dans le domaine de la course au large. Au sein du Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Forêt, il travaille notamment avec Jérémie Beyou sur le parcours du Vendée Globe. Il nous détaille les passages clés.

 SAILING - MAITRE COQ AERIAL 130616

Le départ : « Le départ dans le Golfe de Gascogne n’est jamais évident s’il y a une dépression qui passe, parce que tu peux tout de suite te faire secouer. Ce qui est surtout important, c’est de trouver d’entrée le bon rythme. C’est fini le temps où on disait « la course est longue, ce n’est pas la peine de partir trop vite ». Aujourd’hui, ça part à fond pendant les quatre-cinq premiers jours, histoire de voir s’il y en a qui rentrent à la maison ou qui décrochent, on fait un premier bilan après. »

Le Pot-au-Noir : « Le Pot-au-Noir, zone de convergence intertropicale entre alizés des hémisphères Nord et Sud, pose problème surtout parce que le vent est très variable. Ce que redoutent les skippers, c’est de se retrouver « empétolé », et de voir le petit copain, à dix milles de là, avancer à 10 nœuds. C’est toujours un moment de très forte tension, surtout qu’ils savent très bien que le premier qui sort dans l’alizé de sud-est va commencer à tendre l’élastique. L’idée dans le Pot-au-Noir, ce n’est pas tellement de gagner, mais surtout de ne rien perdre. Car ensuite, quand on commence à être derrière, on a vite fait de s’énerver, d’être moins serein et de tenter des coups incertains qui peuvent se transformer en catastrophe. »

L’anticyclone de Sainte-Hélène : « Un vrai casse-tête parce qu’il barre la route du Grand Sud. Les skippers le contournent en général par l’ouest, mais il peut y avoir des failles liées à des fronts froids de l’Océan austral ou à des petites dépressions qui se forment sur la côte sud-américaine dans lesquelles ils peuvent être tentés de s’engouffrer. Le premier qui arrive à en sortir va aller jusqu’au Cap Horn avec du vent fort. L’enjeu y est énorme parce qu’il ne faut pas se faire décrocher. Surtout, il faut arriver à rester dans le même système dépressionnaire que les autres. Car si on est derrière dans un système différent, tout peut arriver, le bon comme le mauvais, mais c’est plus souvent le mauvais. C’est un passage clé dans lequel ils vont se battre comme des chiffonniers. » 

L’Océan austral, Indien puis Pacifique : « Du vent, de la houle, mais il n’y a pas énormément de choses à faire d’un point de vue stratégique, à part des petits coups ici ou là. En revanche, il y a beaucoup de pilotage, il faut faire avancer vite le bateau sans casser. L’idéal, c’est d’avoir 30-35 nœuds au portant avec pas trop de mer. A 45 nœuds, on va moins vite car il y a trop de mer, à 15 nœuds aussi, car il n’y a pas assez de vent. »

La remontée de l’Atlantique Sud : « La remontée des côtes argentines puis brésiliennes est très compliquée parce qu’il y a plein de petits systèmes météo instables, dont la durée de vie n’est pas bien connue, la prévision n’y est pas facile. C’est le coin que les skippers redoutent le plus, d’autant que les bateaux sont fatigués, eux aussi, ce qui fait qu’ils peuvent manquer de lucidité sur certains choix. En plus, c’est un peu l’endroit de la dernière cartouche : une fois qu’on a passé l’équateur, il n’y a plus tellement d’options à tenter. On a souvent vu le Vendée Globe se décanter là, c’était le cas la dernière fois entre François Gabart et Armel Le Cléac’h, mais aussi en 2004 entre Vincent Riou et Jean Le Cam. »

L’Atlantique Nord : « Le Pot-au-Noir n’est en général pas très large ni très actif en hiver dans le sens de la remontée, surtout qu’ils sont côté ouest de l’Atlantique ; ensuite, il ne se passe pas grand-chose dans l’alizé de l’Atlantique Nord. En revanche, comme ils arrivent en hiver, ils peuvent se prendre une bonne grosse dépression vers les Açores, avec du vent très fort, ce n’est pas le moment de casser. »

 

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