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Jéremie Beyou troisième du Vendée Globe sur Maître CoQ !

23 janvier 2017

C’est fait ! Après 78 jours 6 heures 38 minutes et 40 secondes, Jérémie Beyou a coupé la ligne du Vendée Globe 2016/2017 lundi à 19h40m40s aux Sables d’Olonne. Le skipper de Maître CoQ signe une magnifique troisième place derrière le vainqueur Armel le Cléac’h et le Britannique Alex Thomson. Sa moyenne réelle est de 14,43 nœuds (27 101 milles parcourus). Il nous confie son bonheur :

Vendée Globe 2016 - Maître CoQ - Jérémie Beyou : Jéremie Beyou troisième du Vendée Globe sur Maître CoQ !

Olivier Blanchet / DPPI / Vendée Globe

Jérémie, qu’est ce qui se passe dans votre tête au moment de franchir la ligne ?

Jérémie Beyou : « C’est de l’euphorie, de l’adrénaline, du plaisir, quelque chose d’énorme et ce n’est pas fini ! Je viens de passer la ligne, depuis une semaine, je sais qu’il y a des préparatifs qui m’attendent, mais j’ai demandé à ce qu’on me laisse tranquille pour rester concentré. Maintenant, je vais me laisser porter, lâcher prise, parce que j’en ai besoin ! »

D’autant que cette arrivée a été très longue à se dessiner, comment avez-vous vécu ces trois derniers jours à progresser au ralenti dans une vaste zone sans vent ?

JB : « C’était très dur à vivre. Des pétoles, j’en ai eu pendant le Vendée Globe, mais jamais je ne m’étais dit que j’allais y rester. Là, je me suis retrouvé bloqué si près du but sans trouver la sortie, j’ai un peu paniqué, je me suis dit que j’allais tout perdre, c’était terrible. Malgré ça, je suis resté concentré à bloc pendant trois jours, je n’ai rien lâché, pas dormi ni mangé pour ne rien rater. Et je n’ai su qu’hier soir à la tombée de la nuit que c’était bon, du coup, la nuit a été plutôt sympa, j’en ai bien profité. »

Vous voilà troisième du Vendée Globe, auriez-vous signé pour une telle place avant le départ ?

JB : « Oui, parce que cela aurait voulu dire que j’étais 100% sûr de finir ! J’ai déjà payé pour savoir que sur cette course, tu peux rester sur le bord de la route très rapidement. Après, je me suis frotté à de super marins qui ont vraiment bien navigué, Armel et Alex, avec de très bons bateaux de dernière génération. Nous nous sommes présentés avec un bateau de six ans, nous avons relevé le pari audacieux de le transformer en se disant que l’on pouvait être sur le podium voire gagner, au final, cette troisième place, c’est un très beau résultat, il va falloir en profiter. »

Les foils, c’était le bon choix ?

JB : « Oui, c’est sûr. Lorsque j’ai pris beaucoup de retard dans le Pot-au-noir, j’ai réussi grâce aux foils à rester le plus longtemps possible devant un front froid et accrocher le paquet où il y avait SMA et PRB, je pense que sans les foils, je me serais fait décrocher. Dans le Sud aussi, sans les foils, je n’aurais jamais réussi à revenir sur SMA quand j’ai cassé mon hook de grand-voile. Donc oui, c’était le bon choix, le bateau a vraiment progressé, nous avons en plus eu 100% de fiabilité sur les foils. »

Qu’est-ce qui vous a aidé à ne jamais lâcher dans cette course ?

JB : « Je ne sais pas ! J’ai parfois discuté avec l’apnéiste Stéphane Mifsud qui travaille beaucoup sur le mental. Il dit souvent que l’on ne sait pas au final de quoi on est capable, mais que c’est quand on se retrouve devant le fait accompli, obligé de se retrousser les manches, que l’on se découvre et qu’il faut être fier de soi lorsque l’on surmonte les problèmes. Je pense que je me suis découvert et je n’ai pas honte de dire que quand j’ai réussi à me relever de tout ça, j’étais fier de moi, parce que c’était vraiment difficile. D’autres auraient peut-être surmonté ces avaries plus facilement, mais pour moi, c’étaient de réels challenges. »

Ce Vendée Globe est-il la course la plus dure que vous ayez disputée ?

JB : « Oui. Sur la Solitaire du Figaro, tu vis des moments très durs, parce que tu vas au bout de toi-même, mais ça ne reste que du sportif. Sur un Vendée Globe, tu te retrouves avec tout un panel de problèmes : un coup, c’est le physique, un autre le bateau, parfois la météo, parfois même les autres. Quand Kito de Pavant est en train de couler avec son bateau, c’est dur à vivre ! Donc sur la diversité des choses que tu vis, c’est la plus dure, mais c’est aussi pour ça que c’est la plus belle. C’est vraiment une course très intense où rien ne t’est donné, il faut aller chercher chaque mille, chaque minute. Il y a des moments où tu te demandes vraiment ce que tu fais là, parce que c’est stressant, ça va vite, ou parce que physiquement, tu es au bout. Mais il y a aussi de la joie, par exemple quand j’ai appris que Kito était à l’abri sur le Marion-Dufresne, c’est hyper intense en émotion. »

Avez-vous eu des moments d’euphorie ?

JB : « Oui, ce sont des bateaux durs, mais quand tu as trouvé les bons réglages, la bonne option, la bonne voile et que tu te retrouves tout seul dans le Grand Sud dans des endroits où personne ne va, c’est fabuleux, le kif complet ! C’est pour ça que tu fais tout ça. Ce sont souvent les moments moins bien qui ressortent sur le coup parce que tu as du mal à prendre du recul, mais il y a quand même aussi du plaisir et dans quelques semaines, je ne retiendrai que les bons moments. »

Le Cap Horn fait-il partie de ces bons moments ?

JB : « Oui, c’était assez magique. Je suis arrivé avec de la brise, 35-40 nœuds, j’avais de l’eau au niveau du puits de quille, du coup, j’étais vraiment préoccupé par ça, et tout d’un coup, tu as ce caillou avec son air inquiétant qui se présente à toi, ça a quelque chose de mystérieux, de magique, tu découvres ce truc au bout du bout du monde, qui ne fait pas terrien, tu as l’impression d’être sur une autre planète. C’était assez bizarre et ça m’a fait penser à toutes les histoires maritimes que j’avais lues, ces bateaux qui ont coulé, ces marins qui ont trépassé, tu te dis que le Cap Horn se mérite. »

Vous avez passé 78 jours en mer, cela vous a-t-il paru long ?

JB : « Non, c’est passé hyper vite, à part peut-être la remontée de l’Atlantique, pendant laquelle j’ai eu des conditions vraiment pas classiques. Sur la globalité, tu ne vois pas passer ces 78 jours, parce que tu es au charbon tout le temps, tu n’as pas un moment de répit, le bateau ne te laisse jamais tranquille, tu as toujours une décision à prendre, un mouvement à faire. Je pense aussi que ça ne m’a pas pesé parce que j’étais dans la bataille pour le podium, ça m’a tenu en haleine. »

Ecart

4j 03h 02min 54s avec Armel Le Cléac’h

3j 11h 03min 25s avec Alex Thomson

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