Tout ce qu’il faut savoir sur la vaccination des volailles

La vaccination des volailles est un passage obligé, car de nombreuses maladies contagieuses peuvent affecter les poulets. Il existe donc un programme de vaccination pour les poulets de chair, ces derniers ayant un système immunitaire plutôt faible et le risque d’infection étant élevé (par ailleurs, les poulets peuvent infecter d’autres animaux domestiques). Comme chez l’homme, la vaccination de la volaille consiste à introduire un médicament prophylactique contenant des souches atténuées des virus contre lesquels on veut prémunir les oiseaux.

Process de vaccination des volailles

La vaccination est une des meilleures méthodes pour empêcher la survenue de pathologies virales susceptibles d’affecter un élevage. En effet, même si des médicaments existent le plus souvent, il est beaucoup plus efficace (d’un point de vue sanitaire et économique) de prévenir le développement de la maladie que de la traiter. Par ailleurs, cela permet de limiter l’emploi et la consommation d’antibiotiques. Essentiel pour améliorer sensiblement la qualité du produit fini et respecter la réglementation en vigueur propre aux élevages de volailles.

Les différents modes de vaccination

Il existe plusieurs protocoles de vaccination des poulets de chair, le process étant différent selon le médicament ou le vaccin employé. Quel que soit le mode d’administration adopté, il est primordial de veiller à de bonnes conditions de conservation du vaccin. Cela tient essentiellement à la température ambiante et au lieu de stockage à l’abri de la lumière. Avant de procéder à l’administration, l’éleveur de volailles réalise différentes vérifications concernant le produit. Cela vaut, entre autres, pour les préconisations d’usage, les dates de production et d’expiration ou encore l’espèce qui peut recevoir une dose.

La vaccination par instillation oculaire (collyre)

La vaccination par instillation oculaire est à la fois la plus douce et la plus difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite de disposer d’une pipette adaptée et d’un vaccin correctement réfrigéré.

La vaccination se déroule comme suit :

  • le vaccin, réfrigéré, est dilué (diluant fourni avec le vaccin et devant être conservé à la bonne température, c’est-à-dire moins de 8 °C) ;
  • le compte-gouttes (fourni lui aussi dans le kit vaccinal) est placé sur le flacon et légèrement secoué ;
  • le poulet est bien maintenu par un assistant et on lui saisit la tête de façon à tourner le bec vers l’opérateur qui administre 0,03 ml de liquide vaccinal dans chaque œil ;
  • le poulet est encore maintenu quelques instants, le temps que le médicament s’écoule par les narines.

La vaccination des poulets via l’eau potable

Le protocole de vaccination des poulets de chair à l’eau potable est tout particulièrement employé dans les grands élevages. La vaccination nécessite d’utiliser une eau non traitée (ni chlore ni médicaments) et il faut suspendre la boisson des poulets une heure à une heure et demie avant de la pratiquer pour faire en sorte que les poulets aient très soif.

Il faut aussi prévoir la quantité d’eau adaptée, de façon à ce que les volailles aient bu la totalité du liquide en l’espace de deux heures. Dans les élevages disposant d’abreuvoirs, le vaccin est mélangé et dilué dans le système (il existe des vaccins vendus sous forme de comprimés).

Bien entendu, pour que cette méthode de vaccination soit efficace, il faut que l’ensemble des poulets puisse avoir facilement accès aux abreuvoirs.

Afin de veiller au bien-être animal tout en garantissant l’efficacité du traitement dédié aux volailles, il s’agit de la solution privilégiée par les élevages Maître Coq.

La vaccination des poulets par pulvérisation

Utile lorsqu’il y a de très nombreux poulets, la vaccination par pulvérisation est préférentiellement réalisée pendant la nuit. En effet, avec une faible luminosité, les volailles sont moins agitées. On utilise dans ce cas un pulvérisateur spécial capable de produire des microgouttelettes de quelques microns (80 à 120 pour des poulets de deux semaines ou 30 à 60 microns pour les poulets plus vieux).

On mélange le vaccin à de l’eau distillée et, en passant au milieu des animaux, on pulvérise à droite et à gauche à environ 90 cm au-dessus de la tête des volailles. Il faudra au préalable avoir pris soin de limiter la ventilation à son strict minimum. Elle sera rétablie une dizaine de minutes après que la pulvérisation a été terminée. On rallumera aussi la lumière.

Les traitements des poulets par injection

On évite le plus possible de traiter les poulets par injection, car cette méthode est douloureuse pour l’animal. Toutefois, dans certaines situations, comme des maladies particulièrement sévères (choléra ou encéphalomyélite par exemple), l’injection sous l’aile est le traitement qui reste à privilégier.

Concrètement, ce protocole de vaccination des volailles se déroule comme suit :

  • le vaccin est dilué (diluant fourni dans le kit vaccinal) ;
  • un assistant maintient le poulet et soulève son aile ;
  • face à lui, l’opérateur ôte quelques plumes des membranes situées sur les ailes de façon à distinguer plus aisément la zone d’injection ;
  • le vaccin est prélevé à l’aiguille dans le flacon puis injecté progressivement dans la partie inférieure du filet (on prend soin d’éviter de traverser les vaisseaux et les os) ;
  • la seringue est retirée.

Vaccins réalisés à l’incubateur

Certains éleveurs achètent leurs volailles dans un incubateur et il est dans ce cas indispensable de demander au distributeur quels sont les vaccins qui leur ont été donnés, à quelle heure et contre quelles maladies. Le vendeur doit être en mesure de fournir un certificat vétérinaire spécifiant la vaccination, la date de mise en œuvre avec son nom et le numéro de lot du vaccin. Ces mesures contraignantes sont indispensables pour assurer la sécurité des consommateurs et avoir un suivi des volailles. Rappelons que la vaccination ne s’effectue que sur des volailles en bonne santé. Si des poulets malades sont identifiés, ils doivent être traités séparément et vaccinés une fois guéris.

Vaccins pour les poussins âgés d’un jour et « in ovo »

Il existe aussi des vaccins pour poussins d’un jour qui permettent de les prémunir contre les symptômes de la coccidiose et les risques d’infection. L’immunité est généralement garantie une vingtaine de jours après la vaccination et dure une dizaine de semaines. Dans ce cas de figure, il est possible d’opter pour un mode de pulvérisation sur la nourriture ou au sein du couvoir. La voie orale est également envisageable. Pour l’adjonction à l’eau potable, il est nécessaire que les poussins soient âgés d’au moins trois jours.

En complément de cette méthode, on peut évoquer les vaccins dits « in ovo ». Le principe consiste à procéder à la vaccination sur des œufs de volaille prêts à éclore dans les deux à trois jours. En plus de protéger le poussin à sa naissance, cette solution permet de stimuler et de renforcer son immunité. Avant d’intervenir, il est indispensable de s’assurer de la propreté et de la parfaite hygiène du couvoir. A noter que le protocole nécessite l’usage d’un matériel spécifique.

Précisions concernant le protocole de vaccination des poulets de chair

Une fois la vaccination réalisée, les flacons de vaccin sont à jeter (ou à recycler) après avoir entrepris leur désinfection. De même, l’état des poulets doit être surveillé de près dans les jours qui suivent l’administration. Le plus souvent, la volaille présente des signes respiratoires (essoufflement, éternuements), mais la présence d’une respiration sifflante doit alerter et amener à contacter un vétérinaire. En temps normal, les symptômes disparaissent dans les trois jours qui suivent.

On n’oubliera toutefois pas que les vaccinations ne sont pas toujours suffisantes pour protéger efficacement les volailles. L’idéal, d’un point de vue préventif, est de s’assurer du bien-être des poulets en surveillant la propreté de leur bâtiment et en leur donnant une alimentation de qualité. En effet, la santé d’une exploitation dépend en grande partie des conditions d’élevage.

Quel vaccin à quel âge pour quelle maladie ?

Les principales maladies contre lesquelles des vaccinations de la volaille sont nécessaires sont la maladie de Newcastle (ou pseudopeste aviaire), la bronchite infectieuse, la maladie de Marek et la maladie de Gumboro (ou bursite infectieuse). Outre ces principales maladies, de nombreuses autres peuvent être retrouvées, comme l’anémie en cas d’infection, l’encéphalomyélite aviaire infectieuse, la laryngotrachéite infectieuse, l’infection (ténosynovite) à réovirus et à pneumovirus (maladie respiratoire), la coccidiose et la salmonellose (très dangereuses et bien connues des consommateurs) ou encore la variole. Cette liste non exhaustive peut être étendue si on tient compte de certains virus qu’on retrouve dans certaines régions et pas dans d’autres.

Vaccination des volailles contre la maladie de Newcastle

Cette maladie est une des plus sévères qui sont susceptibles de toucher les volailles. Particulièrement répandue sur le territoire russe, elle touche le système respiratoire, mais elle entraîne aussi des troubles digestifs et neurologiques. La vaccination contre cette maladie est d’autant plus nécessaire qu’il n’existe pas de traitement à proprement parler.

Classiquement, la vaccination des volailles contre la maladie de Newcastle s’effectue par spray aérosol au 1er jour après la naissance (en même temps que la vaccination contre la bronchite infectieuse) puis à un mois et à deux mois. Le vaccin (vivant) est administré dans les yeux sous forme de gouttes. Au troisième ou quatrième mois, on injecte un médicament inactivé (dans la poitrine à 2 cm de la quille ou dans l’aile – le réseau vasculaire est très développé dans cette partie du corps) qui va permettre au poulet de développer une immunité (y compris contre la bronchite infectieuse) qui possède l’avantage de persister une année durant. Ainsi, pendant 12 mois, la volaille sera totalement immunisée contre la maladie de Newcastle.

Vaccination des volailles contre la maladie de Marek

La maladie de Marek provoque la perte de la vue du poulet et s’accompagne du développement de cancers au niveau des organes puis, à terme, d’une paralysie et du décès. Particulièrement contagieux, ce virus doit être prévenu le plus précocement possible.

Ainsi, le protocole de vaccination des poulets de chair contre la maladie de Marek s’effectue dès le 1er jour, sous forme d’injection, alors même que le poulet est dans l’incubateur. On injecte la forme vivante du vaccin, ce qui permet une protection de plusieurs mois contre la maladie. Un rappel (instillation dans les yeux du vaccin inactivé) est toutefois recommandé entre 4 et 8 semaines.

Vaccination des volailles contre la salmonellose

La salmonellose est une des maladies parmi les plus problématiques et elle est potentiellement mortelle pour l’homme. Il existe environ 2 300 variétés de salmonelles (une bactérie qui affecte le système digestif), dont 230 peuvent contaminer les volailles et 700 les humains. En France, plus de la moitié des infections alimentaires sont dues à des salmonelles. Une fois contractée, la bactérie se fixe sur les parois de l’intestin et sécrète des toxines qui vont entraîner une sévère déshydratation, des affections circulatoires et nerveuses. Par la suite, après une semaine d’incubation, l’individu touché présente de la fièvre, des troubles respiratoires, digestifs (diarrhées) et des vomissements.

C’est du fait de sa longue période d’incubation que la salmonelle est très contagieuse (d’autant qu’elle peut affecter aussi bien un poulet que les œufs). En effet, le poulet peut ne présenter aucun symptôme (perte d’appétit, perte des plumes, faiblesses, difficultés respiratoires, affaissement des ailes, paralysie…), alors même qu’il est porteur de la maladie.

La vaccination est donc effectuée directement dans l’incubateur sous forme de pulvérisation de bactériophages spécifiquement destinés à lutter contre la salmonelle. Par ailleurs, des vaccins à agents inactivés et modifiés contre S. Enteritidis et S. Typhimurium ont été mis au point pour réduire la multiplication de ces deux formes de salmonelles sans pour autant les supprimer. Il existe un protocole de vaccination des poulets de chair contre la salmonelle (injection d’un sérum) et il est même possible d’utiliser des vaccins vivants sur des poules pondeuses d’œufs de consommation dans des sites contaminés depuis au minimum 2 ans.

Néanmoins, la vaccination contre la salmonelle n’est pas systématique. Elle n’est nécessaire que dans le cadre d’une épidémie d’infection dans la région.

Les autres vaccinations des poulets

Les autres maladies nécessitent elles aussi une vaccination, celle-ci étant réalisée à différentes périodes. On vaccine ainsi contre :

  • la maladie de Gumboro à la troisième semaine de vie ;
  • l’encéphalomyélite à trois mois ;
  • la laryngotrachéite à 9 semaines ;
  • la coccidiose (l’infection est consécutive à la pénétration de micro-organismes dans l’organisme d’un poulet, ce qui entraîne une forte diarrhée, une anémie et une faiblesse généralisée) entre 5 et 7 jours, en ajoutant des préparations coccidiostatiques à l’alimentation ou à l’eau.

Il existe également des vaccins spécifiques contre les parasites. Ils sont constitués de souches inactivées (ou fortement affaiblies) et sont destinés à stimuler la fabrication d’anticorps chez le poulet.

Quel est l’impact des vaccins sur le consommateur ?

Certaines maladies que peuvent contracter les volailles peuvent être transmises aux humains. Certaines n’entraîneront pas de maladies graves, comme c’est par exemple le cas pour la maladie de Newcastle (responsable d’un syndrome grippal et d’une conjonctivite).

D’autres, en revanche, seront beaucoup plus problématiques, et c’est contre ces maladies-là que la vaccination prend tout son sens, car elles affectent non seulement l’animal, mais aussi le consommateur. Tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité du consommateur avec des dépistages obligatoires et des contrôles sur chaque exploitation.

Pour ce qui est du cas particulier de la grippe aviaire à virus H5N1, les autorités rappellent que la cuisson classique (supérieure ou égale à 70°) inactive le virus. Un poulet cuit correctement ne présente donc aucun danger.

De même, les autorités sanitaires précisent que les vaccins employés pour vacciner les volailles sont constitués de virus inactivés qui ne présentent pas de risques pour la sécurité des aliments.