Du bon usage des antibiotiques chez la volaille

À l’image de l’homme, les volailles – et plus généralement tous les animaux d’élevage – peuvent être touchées par la maladie. Pour garantir le bien-être animal et assurer la productivité au sein des exploitations avicoles, l’usage de substances médicamenteuses est parfois nécessaire. Les antibiotiques font ainsi partie des solutions thérapeutiques dont les éleveurs peuvent disposer sur prescription vétérinaire. Le recours aux antibiotiques demeure soumis à certaines conditions, et encadré par une réglementation stricte et précise.

Les antibiotiques, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une famille de médicaments élaborés soit à partir de substances d’origine naturelle, comme les champignons ou les bactéries, soit à partir de substances de synthèse. Leur but ? Bloquer la multiplication des souches bactériennes ou les éliminer totalement. Il existe de nombreuses molécules antibiotiques à usage vétérinaire. Leur choix va dépendre de la bactérie à combattre.

Bon à savoir

Depuis 2006, l’Union européenne interdit l’usage des antibiotiques à faible dose dans l’alimentation animale pour favoriser la croissance des volailles, mais également de tous les animaux d’élevage. Néanmoins, cette décision ne s’applique pas sur les continents américain et asiatique… D’où l’importance de vérifier l’origine des produits de volaille consommés.

Quels sont les antibiotiques qui peuvent être administrés à la volaille ?

En France comme en Europe d’ailleurs, l’administration de molécules antibiotiques au sein des élevages de volailles est strictement encadrée, d’une part, pour garantir la sécurité du consommateur et, d’autre part, pour limiter le phénomène d’antibiorésistance (voir ci-après). C’est la raison pour laquelle l’usage d’antibiotiques (aminosides, sulfamides, macrolides, etc.) est soumis obligatoirement à prescription vétérinaire.

Traitement antibiotique de la volaille : pour quelles maladies ?

Comme chez l’homme, les antibiotiques, « c’est pas automatique » chez la volaille ! Spécifiquement formulés pour éliminer les bactéries, les médicaments antibiotiques ne doivent être employés que dans le cadre de pathologies bactériennes ou de surinfections (multiplication de bactéries) à la suite d’une maladie virale ou parasitaire. À ce titre, l’usage vétérinaire d’antibiotiques est recommandé pour combattre certaines bactéries comme la bactérie Haemophilus paragallinarum, la bactérie à Escherichia coli ou encore la bactérie Pasteurella multocida qui peuvent parfois s’inviter dans l’organisme des volailles.

La vaccination, un outil efficace pour limiter l’exposition aux antibiotiques ?

Les différents vaccins mis au point par la recherche ont permis de réduire, notamment, les troubles respiratoires qui affectent majoritairement les élevages de poulets de chair, de poules pondeuses ou encore de canards. La vaccination constitue donc un moyen efficace de réduire le recours aux antibiotiques en faisant, notamment, chuter les risques de contamination au sein des exploitations. En effet, les volailles font partie des élevages les plus concernés par l’usage de molécules antibiotiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que les densités de peuplement au sein des poulaillers contribuent largement à accroître le risque infectieux.

Quel est l’impact de l’usage des antibiotiques sur le consommateur ?

L’objectif de l’administration d’antibiotiques reste bel et bien de préserver la santé des volailles et, de fait, la qualité nutritionnelle des produits finis qui seront ensuite commercialisés et consommés. Il est important de préciser qu’un poulet de chair ou une poule pondeuse ayant fait l’objet d’un traitement vétérinaire par antibiotique au cours de sa vie ne présente aucun risque ultérieur pour le consommateur. La réglementation en vigueur fixe strictement les délais d’attente à respecter avant l’abattage d’un animal ou d’un lot traité, et ce, afin de maîtriser parfaitement le risque de résidu médicamenteux dans la viande de volaille. En outre, les poulets de chair comme toutes les autres espèces de volaille sont régulièrement contrôlés, lors des différentes étapes de production, par les services vétérinaires français qui confirmeront la santé des animaux et la salubrité de la viande. Rappelons en effet que seuls les animaux en bonne santé peuvent être abattus et commercialisés.

Les volailles Label rouge et bio reçoivent-elles des antibiotiques ?

Le recours à des médicaments antibiotiques est autorisé dans les élevages placés sous signe de qualité : Label Rouge, Indication Géographique Protégée, Agriculture Biologique… Le poulet Label Rouge comme le poulet bio peuvent ainsi être traités avec des antibiotiques dans le cas de certaines maladies, lorsque des alternatives thérapeutiques ne sont pas envisageables ou suffisamment efficaces. A noter que la filière bio autorise un seul traitement antibiotique. Dans les élevages dits « bio » comme dans les élevages dits « conventionnels », l’usage raisonné des antibiotiques demeure la norme. Les éleveurs sous signe de qualité ont en plus des cahiers des charges particulièrement drastiques à respecter sans lien direct avec cette recommandation de limiter l’usage des antibiotiques.

L’antibiorésistance : une utilisation excessive des antibiotiques ?

Après la découverte de la pénicilline en 1928 par Sir Alexander Fleming, l’usage des antibiotiques chez l’homme et chez l’animal s’est considérablement développé dans les années 1950. Mais cette exposition excessive aux molécules antibiotiques a engendré un phénomène de résistance bactérienne. Autrement dit : les bactéries se sont progressivement adaptées aux molécules médicamenteuses destinées initialement à les éliminer. C’est ce qu’on appelle l’antibiorésistance. Le risque potentiel d’une inefficacité des antibiotiques est alors devenu une question de santé publique. Pour lutter contre cette problématique majeure, l’Union européenne et les autorités sanitaires françaises se sont lancées dans un vaste plan de lutte contre l’antibiorésistance (plan Écoantibio) en encadrant drastiquement la prescription des antibiotiques et en mettant en place des mesures pour éviter leur mauvaise utilisation.

Un usage des antibiotiques en baisse dans les élevages de volailles

Depuis 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) assure le suivi des ventes d’antibiotiques à usage vétérinaire. Il s’agit d’un dispositif de surveillance initié sur le plan européen, qui se base sur la déclaration annuelle des ventes d’antibiotiques, effectuée par les laboratoires qui les commercialisent. Or, le dernier rapport fait état d’une baisse de 10,9 % (1) de l’exposition des animaux aux antibiotiques entre 2018 et 2019. Une diminution des résistances bactériennes (E. Coli, Enterococcus cecorum) est ainsi observée même si toutes les souches ne sont pas encore concernées par cette tendance.

Quels sont les engagements des élevages Maître CoQ pour limiter la consommation d’antibiotiques ?

Dans une démarche qualitative et soucieuse du bien-être animal, les éleveurs en partenariat avec Maître CoQ mettent en œuvre des mesures d’hygiène rigoureuses. Afin de garantir la santé de leurs volailles, ils prennent soin de leurs animaux au quotidien.

Conformément à ce que leur impose la réglementation en vigueur, les éleveurs de volailles partenaires de Maître CoQ respectent les exigences des autorités sanitaires, notamment en ce qui concerne la consommation d’antibiotiques classés d’importance critique. Avant de les soigner à l’aide d’antibiotiques, les éleveurs de volailles envisagent par ailleurs des traitements alternatifs, avec la collaboration de leur vétérinaire. Dans le cadre du plan « écoantibio », ils ont également la possibilité d’adopter les préconisations de la charte « Mieux élever ».

Maître CoQ va encore plus loin

L’engagement des différents acteurs de la filière d’élevage de volailles est essentiel pour proposer des produits de qualité. En ce sens, Maître CoQ s’investit dans le développement de gammes garanties sans traitement antibiotique. Sur certaines références, cela concerne déjà les produits de poulets nourris aux graines de lin.

En l’espace d’une dizaine d’années, la filière a réduit de près de 60 % l’usage des antibiotiques pour volailles. À l’horizon 2025, Maître CoQ envisage encore de diminuer les traitements antibiotiques au sein de ses élevages partenaires pour certaines productions.

(1) https://www.anses.fr/fr/content/suivi-des-ventes-dantibiotiques-v%C3%A9t%C3%A9rinaires