L’origine et l'élevage des poussins pas à pas

Avant d’intégrer la basse-cour, le poussin doit prendre des forces. Dans les élevages de poussins, les étapes de la croissance se déroulent de façon artificielle afin de donner toutes les chances aux œufs d’éclore et aux poussins de grandir en bonne santé. Revenons ensemble sur le processus d’élevage de poussins depuis la ponte jusqu’à ce qu’ils rejoignent le poulailler. L’occasion d’évoquer plus précisément la technique de l’incubation de l’œuf en couveuse et les différences de conditions d’élevage avec les filières bio et Label Rouge.

L’élevage des poussins étape par étape

Première étape : de la ponte à l’éclosion

Commençons par quelques explications préliminaires. Rappelons que les poules n’ont besoin de personne pour pondre des œufs. Cependant, l’obtention de poussins passe par la fécondation des œufs par un coq. Celui-ci joue donc un rôle essentiel dans un élevage de poussins. D’ailleurs, trois ou quatre jours après la ponte, il est généralement possible de déterminer si un œuf est fécondé. À l’aide d’une lampe spéciale appelée mire-œuf, l’éleveur peut en effet savoir si un poussin pourra voir le jour. Il se place dans un environnement sombre, et si la lampe révèle une tache ainsi que des filaments rouges, l’œuf est fécondé. Ces traces qui évoquent des veines correspondent à l’embryon du poussin.

Toutefois, le chemin pour qu’un poussin pointe le bout de son bec est encore long. L’œuf doit être couvé pendant trois semaines. Les éleveurs ont alors deux solutions pour remplir cette tâche. Les meilleures poules couveuses d’un élevage peuvent être mises à contribution. Une bonne poule couveuse est une poule qui aura la patience d’attendre quelques jours de plus si l’œuf tarde à éclore. Une poule peut couver jusqu’à une douzaine d’œufs. Il faudra en revanche isoler le nid pour éviter que d’autres poules viennent y pondre leurs œufs. Ce qui est important pour l’œuf, c’est la chaleur de la poule. Et dans les élevages professionnels, on utilise plutôt un incubateur, mais nous reviendrons ultérieurement sur cette phase.

Deuxième étape : la croissance au sein du nid

En théorie donc, l’œuf éclot au bout de 21 jours, mais il est encore un peu tôt pour l’extraire de la couveuse. Le plumage est humide et le poussin reste extrêmement fragile pendant ses premières heures. L’accouveur laisse donc ses poussins une journée de plus en incubateur afin qu’ils prennent des forces et que leurs plumes sèchent dans la chaleur de la couveuse. Une chaleur à conserver après la couveuse pour le bien-être des poussins. Des lampes chauffantes ou des systèmes de chauffage sont ainsi installés dans les élevages afin que la litière affiche une température de 35 °C.

La nourriture va naturellement jouer un rôle fondamental dans leur croissance. D’abord la mangeoire ainsi que l’abreuvoir sont adaptés à leur petite taille. Les poussins sont nourris à volonté. Les éleveurs professionnels leur donnent des aliments composés, à la fois complets et parfaitement équilibrés afin que leurs muscles, leurs organes et leur plumage se développent correctement.

Les éleveurs prêtent également une grande attention à leur litière, qu’ils renouvellent régulièrement. Plus globalement, ils s’attachent à leur offrir un environnement propre, sec et ventilé, en prenant garde d’éviter les courants d’air. Pour préserver leur santé et éviter la propagation de maladies, les éleveurs mènent aussi des campagnes de vaccination.

À noter enfin qu’élevage de poussins industriel ne signifie pas élevage en batterie. Toutes les volailles de chair estampillées Maître Coq sont élevées au sol au sein de poulaillers dans lesquels elles peuvent circuler librement. L’accès à l’eau et à la nourriture est permanent et leur litière est renouvelée régulièrement.

Zoom sur l’incubation des œufs

Le processus naturel

Revenons plus précisément sur l’étape couveuse. Dans un élevage non professionnel, ce sera la poule pondeuse qui couvera ses œufs pendant les 21 jours nécessaires afin de leur apporter chaleur et protection. Une chaleur primordiale et sans laquelle les embryons de poussins ne pourraient se développer dans de bonnes conditions. Dans des élevages intermédiaires, il est possible de choisir la poule qui sera préposée à ce rôle. Sera alors sélectionnée une poule à la fois calme, grasse et bien emplumée. Pour assurer cette tâche, la poule doit disposer de suffisamment d’eau et de nourriture à proximité de son nid. Cependant, dans un élevage de poussins industriel, la méthode traditionnelle n’a pas sa place…

L’incubation artificielle

L’éleveur professionnel, et de plus en plus souvent l’éleveur amateur, utilise une couveuse artificielle. Mais avant, les œufs sont sélectionnés. Ceux qui ne répondent pas aux critères de taille et de forme habituelles de la race sont éliminés. Ensuite, les œufs sont placés dans l’incubateur artificiel dont le taux d’humidité et la température ont été soigneusement réglés. Si les couveuses grand public permettent d’accéder à un taux d’éclosion de quasiment 100 %, elles ne dispensent pas l’éleveur amateur d’une tâche récurrente. Les poules couveuses retournent en effet leurs œufs deux fois par jour, ce que l’éleveur doit reproduire. Les professionnels utilisent quant à eux des couveuses automatiques avec retournement des œufs, taux d’hygrométrie maîtrisé, grille permettant de placer les œufs avant leur éclosion, thermostat digital précis… Le travail dans le couvoir est donc fortement facilité pour le personnel. Ce dernier doit toutefois vérifier très régulièrement la ventilation, l’humidité et la température fixée à 37,5 °C.

Filière biologique et Label Rouge : des conditions d’élevage de poussins particulières

L’élevage de poussins bio

L’élevage de poussins issus de l’agriculture biologique présente quelques spécificités par rapport à l’élevage traditionnel. Pour répondre aux réglementations bio, les œufs doivent provenir d’un élevage en plein air, quand les œufs de poules dites au sol sont en claustration dans un bâtiment. La taille de l’élevage est également limitée. Un bâtiment ne doit pas accueillir plus de 3 000 poules. La densité au sein du poulailler est quant à elle limitée à 6 poules par m². L’espace plein air est lui aussi défini. Chaque poule doit disposer de 4 m² minimum, et ce sur un parcours réalisé en fonction des critères posés par l’agriculture biologique.

Naturellement, pour être biologiques, les œufs doivent être pondus par des poules dont l’alimentation est constituée de matières premières issues de l’agriculture biologique. Une tolérance de 5 % est acceptée. Aucun colorant de synthèse n’est par contre autorisé sur ce type de production. Enfin, pour assurer le respect de ces principes, un organisme certificateur indépendant contrôle l’élevage.

L’élevage de poussins destinés au Label Rouge

Pour rappel, Label Rouge désigne les produits qui affichent une qualité supérieure de par leurs conditions de production. Pour être estampillé Label Rouge, le produit doit donc respecter les exigences du cahier des charges validé par l’INAO et homologué par un arrêté interministériel.

L’élevage de poussins destinés au Label Rouge obéit de ce fait à des normes très précises. Comme pour le marquage agriculture biologique, l’élevage doit être réalisé en plein air. La taille de l’élevage est ici aussi limitée. Il ne peut s’agir d’un élevage intensif. Plus précisément, seuls deux bâtiments de 6 000 poules maximum sont autorisés. Le poulailler ne peut accueillir plus de 9 poules par m². Côté plein air, la norme pose comme principe qu’une poule doit bénéficier de 5 m² minimum.

L’élevage pour Label Rouge se distingue plus du bio sur la nourriture, la fréquence de ramassage des œufs et le délai entre le jour de ponte et l’emballage de l’œuf. Pour ce qui est de l’alimentation, si les poules en cage et au sol sont nourries totalement à partir de végétaux, la part de céréales n’est pas notifiée, au contraire de l’élevage pour ce label qualité où au minimum la moitié de la nourriture doit être constituée de céréales. Les œufs doivent ici être ramassés deux fois par jour, alors que l’élevage bio n’intègre aucune exigence de ce type. Idem pour le délai ponte – emballage. Seul le Label Rouge indique qu’il ne doit pas dépasser 4 jours.