L’élevage de pintade, une spécialité made in France !

Le saviez-vous ? La France à elle seule assure entre 80 et 85 % de la production de pintade en Europe et dans le monde entier. Les producteurs – ou plutôt les « méléagriculteurs » comme on dit pour les éleveurs de pintades – peuvent se targuer d’avoir su dompter et élever cet oiseau originaire d’Afrique, qui garde malgré tout son instinct sauvage. Pour y parvenir, ils ont dû mettre en place des conditions d’élevage un peu différentes de celles des autres volailles.

L’élevage de pintade : un savoir-faire français

Avec sa robe gris-bleu parsemée de petites taches blanc argenté, la pintade de Numidie est la race la plus élevée dans les poulaillers français. Cette espèce domestiquée par l’homme reste néanmoins très proche de celle qui vit encore à l’état sauvage sur le continent africain… À ceci près que la filière méléagricole réalise depuis de nombreuses années un important travail de sélection afin de développer une race robuste, plus adaptée au climat européen, et résistante aux maladies avicoles. Aujourd’hui, on distingue trois grands types de production de pintade :

  • l’élevage de pintade conventionnel : les volailles évoluent dans des élevages clos équipés de perchoirs et vivent 70 jour environ ;
  • l’élevage de pintade certifiée : les animaux disposent d’un accès au plein air et vivent pendant 82 jours minimum avec une densité d’élevage de 15 pintades par m² ;
  • l’élevage de pintade sous label qualité : Label Rouge, Agriculture Bio… Il existe différents labels qualité attribués aux élevages respectant des cahiers des charges stricts. Les durées d’élevage sont au moins de 94 à 98 jours selon le label, et la densité d’élevage est généralement comprise entre 10 et 13 pintades par m².

Le chapon de pintade : à découvrir !

On pourrait presque dire que le chapon, c’est le must-have de la pintade ! Particulièrement gouteuse et tendre, la viande du chapon de pintade s’est imposée naturellement sur les tables gastronomiques du pays. Le chapon se cuisine sous différentes formes – grillée, effilée, mijotée – pour le plus grand plaisir des amateurs de viande. L’âge d’abattage est d’au moins 150 jours.

Une filière, deux grandes étapes

En France, la filière pintade se décompose en deux grandes étapes :

  • l’accouvage : il s’agit de l’étape d’incubation des œufs et de l’éclosion des pintadeaux. Les éleveurs sont ici appelés « accouveurs » ;
  • l’élevage : après leur naissance, les pintadeaux sont élevés dans des poulaillers spécifiquement conçus pour répondre à leurs besoins.

L’élevage de pintade : des conditions très spéciales

Si la pintade est considérée comme une volaille au même titre que le poulet ou le canard, elle occupe toutefois une place à part dans la filière. Pourquoi ? Parce que l’oiseau présente des spécificités et des caractéristiques qui nécessitent certaines adaptations de ses conditions d’élevage.

Un environnement calme

Les pintades sont réputées pour leur caractère bien trempé ! Assez querelleuses et farouches avec l’homme, elles sont assez facilement apeurées. Le stress est donc un ennemi à maîtriser pour éviter les surmortalités. Pour cela, les animaux doivent être élevés dans un environnement le plus calme possible pour éviter les phénomènes de frayeur collective.

Des bâtiments aménagés

La pintade est l’un des rares oiseaux de basse-cour à pouvoir voler sur de petites distances. Pour leur permettre d’assouvir ce comportement naturel, les poulaillers sont dotés de perchoirs hauts (1,5 m du sol) sur lesquels elles peuvent se poser. Comme pour tous les élevages avicoles, l’entretien des locaux est primordial afin de préserver le bien-être et la santé des pintades. Il convient de désinfecter les sols et de renouveler les litières.

Si la pintade reste un oiseau rustique, elle est toutefois sensible à certaines maladies, comme la maladie de Newcastle, la variole aviaire ou certaines pathologies parasitaires (poux, vers). La gestion des bâtiments et matériels constitue à ce titre un moyen efficace pour prévenir les contaminations.

Un système de chauffage adapté

La pintade est un animal frileux. Pour limiter le risque de maladies respiratoires, les éleveurs sont donc contraints de maintenir une température suffisamment élevée au sein des poulaillers (34 °C pour les pintadeaux, 21 °C en moyenne pour de jeunes pintades). Dans les élevages de pintades fermières avec accès au plein air, des abris sont disséminés sur le parcours afin que les animaux puissent se protéger du soleil. L’ensoleillement excessif constitue également un risque de mortalité chez cet oiseau.

Une alimentation diversifiée

Les pintades qui grandissent dans des élevages standards sont exclusivement nourries avec des matières premières végétales (blé, orge, maïs…) enrichies en vitamines et en minéraux. Les élevages certifiés proposent par ailleurs une alimentation contenant au moins 65% de céréales, un chiffre qui passe à 75% avec les pintades Label Rouge et bio. Dans les élevages de pintades fermières, les animaux qui ont accès au plein air vont se nourrir en partie avec de l’herbe, des graines, des baies ou encore des insectes. Car la pintade est omnivore ! Et en plus, c’est un excellent chasseur !

Quelles sont les différences entre un élevage de pintade de chair et de pintade fermière ?

On a souvent tendance à distinguer les pintades de chair élevées au sein d’élevages standards, des pintades fermières produites au sein d’élevages extensifs, parfois sous signe de qualité. Les premières sont donc élevées dans des bâtiments fermés sans accès à un parcours extérieur. Leur croissance est plus rapide que celle des volailles fermières.

L’élevage de pintade fermière, lui, se caractérise par des densités de peuplement moins importantes dans les poulaillers. Les volailles ont la chance de grandir dans des poulaillers de taille réduite, de 400 m² maximum, et bénéficiant de lumière naturelle. Les pintades ont accès à un parcours d’au moins 2 m² par animal.

La filière pintade en quelques chiffres (1)

  • 31 millions de pintadeaux éclos en 2017 ;
  • 1,3 million de pintadeaux exportés en 2017 ;
  • 600 000 pintadeaux rejoignent les élevages français chaque semaine : 65 % en élevage standard ; 30 % en élevage sous signe de qualité Label Rouge, 5 % en élevages certifiés, Agriculture Biologique et chapon de pintade.

(1) Chiffres issus du site www.lapintade.eu