Règles et mise en œuvre de l’alimentation des poussins

L’alimentation des volailles est prise en charge dès le plus jeune âge par l’éleveur. Les poussins ont accès à la nourriture dès leur arrivée sur le lieu de l’exploitation, souvent le jour même de leur naissance. Dans le cas des poulets de chair notamment, tout est alors mis en œuvre pour que l’alimentation des poussins optimise leur croissance.

Alimentation des poussins : que mange un poussin ?

L’alimentation du poussin joue un rôle majeur pour sa croissance, ainsi que pour sa santé future. Elle est adaptée à son âge, et apportée le plus tôt possible, car la première semaine de développement est cruciale chez le poussin.

Une alimentation autonome du poussin grâce au résidu vitellin

Le premier aliment de croissance du poussin, quel que soit le type d’élevage auquel il est destiné, est ce qu’on appelle le résidu vitellin. Il s’agit du reste de jaune d’œuf dans lequel l’animal a déjà puisé les nutriments nécessaires à son développement embryonnaire. Ce résidu vitellin apporte au poussin dans ses premières heures de vie tout ce qu’il lui faut pour être immédiatement autonome durant environ une journée. Le poussin passant ses premières semaines en intérieur, c’est ensuite à l’éleveur de prendre le relais au niveau de l’alimentation des poussins. Ce relais doit être aussi rapide que possible. En effet, le poussin, issu de lignées de poules sélectionnées pour leur croissance rapide, se développe très vite. Et une carence alimentaire pourrait entraîner des retards de croissance et autres complications de santé. Son poids triple en effet au cours des 5 premiers jours suivants son éclosion.

Les aliments du poussin au démarrage

De la nourriture attend le poussin dès son arrivée dans l’élevage. L’aliment pour poussin est d’abord constitué de miettes, disposées au sol, ou dans des bacs très bas auxquels le poussin a aisément accès. Sa prise de nourriture est en outre incitée par des cycles de lumière qui le poussent à aller se nourrir. En effet, le poussin a naturellement envie de manger et de boire lorsque la lumière revient après une période d’obscurité ou de pénombre.

Rapidement, dès le transport, l’alimentation du poussin au démarrage (ainsi appelle-t-on sa première période de vie) se doit d’être facile à absorber par l’animal, et enrichi notamment en protéines. A partir du 10e jour environ, l’alimentation des poussins se fait sous forme de graines concassées, composées essentiellement de céréales (blé et maïs notamment) à 50 % minimum dans un élevage Label Rouge.

Des dérivés de céréales sont également donnés : son de blé, brisures de maïs, gluten de maïs, ainsi que des graines ainsi que des oléo protéagineux (tourteaux de colza ou de soja, tournesol, soja extrudé ou toasté…).

Il s’agit d’un aliment de croissance pour le poussin, où il puisera ses ressources pour résister aux agents pathogènes et grandir.

Le rôle de l’alimentation des poussins dans leur développement

Santé, croissance, développement musculaire… L’alimentation de poussin est primordiale, et doit intervenir le plus tôt possible. C’est pourquoi de nouvelles pratiques sont de plus en plus testées afin que le poussin puisse se nourrir au plus vite après son éclosion.

L’alimentation stimule de nombreuses fonctions chez le poussin

L’alimentation des poussins influence fortement l’état de santé et de développement de l’animal au stade de poussin, mais aussi par la suite de poulet. Elle assure en effet un rôle de :

  • prévention des maladies ;
  • croissance de l’animal ;
  • apport en énergie ;
  • développement du système digestif ;
  • équilibre des acides aminés…

Lorsqu’un poussin a été contraint de jeûner pendant 48 heures, il perd en effet environ 10 % de son poids à l’éclosion. Une conséquence qui se retrouve encore après 21 jours. Or, le poids d’un poussin de chair est censé tripler pendant les 5 premiers jours.

Lorsqu’un poussin a accès à l’aliment dès le 1er jour, les fibres musculaires parviennent également plus tôt à maturité. Il est donc primordial de nourrir au plus vite les poussins après leur éclosion.

Les études montrent également que les poussins dont la mise en élevage est retardée, donc avec un accès moins rapide à la nourriture, auraient tendance à utiliser leurs ressources pour développer leur immunité, plutôt que leur croissance. Outre la fourniture d’aliments pour poussin, les conditions d’accueil comme une litière sèche et propre ainsi qu’une température au sol adéquate sont importantes. Ainsi, l’animal peut allouer l’énergie de la nourriture à sa croissance. Au démarrage, le poussin est en effet sensible au froid.

De nouvelles pratiques pour minimiser l’attente entre naissance et alimentation

De nouvelles pratiques visent à rendre aussi précoce que possible l’alimentation des poussins. Par exemple, des nutriments peuvent être injectés chez l’animal dès le moment de la vaccination, qui se fait le plus souvent sur le lieu de l’éclosion, afin de limiter les effets du délai entre la naissance et la première prise de nourriture chez l’éleveur. Dans la même optique, des tentatives d’éclosion sont faites au sein même d’un élevage. Ainsi, les premiers-nés d’un lot n’ont pas à attendre que tous les œufs aient éclos avant d’être transportés jusqu’à l’exploitation où leur sera fournie une alimentation de poussin.

D’où vient l’alimentation des poussins ?

La qualité et l’équilibre nutritionnel de l’aliment pour poussin de démarrage sont capitaux pour le développement de l’animal. Chez les poussins Label Rouge, sont par exemple interdits :

  • Les émulsifiants ;
  • Les stabilisants ;
  • Les épaississants ;
  • Les gélifiants.

De manière générale, l’accent est mis sur la production locale. Les céréales entières sont issues autant que faire se peut d’exploitations françaises, et produites si possible dans la même région que l’élevage. En grandissant en Agriculture Biologique ou Label Rouge, le poussin devenu poulet a également accès à un complément alimentaire naturel à travers le parcours. C’est un espace extérieur végétalisé et arboré ou il peut picorer. En Agriculture Biologique, 20 % minimum de la ration pour poussin doit être produite sur l’exploitation ou sur une exploitation biologique de la région.